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Prenez dès aujourd’hui…Vos mauvaises résolutions.

Même rengaine incontournable depuis des lustres, la coutume veut que l’on prenne de bonnes résolutions pour la nouvelle année qui se profile…Foutaises ! Prétexte naïf pour donner un sens au premier Janvier

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Les bonnes résolutions sont comme les feux follets, on y croit toujours, on entend dire qu’elles existent, mais finalement on ne les voit jamais de nos propres yeux. Nous pensons que l’année à venir est l’occasion d’opérer un tournant dans notre vie, de devenir quelqu’un de vraiment bien et d’enfin enterrer ce qui pêche un peu chez nous…Petites manies, mauvaises habitudes, projets trop longtemps occultés, amis délaissés, famille oubliée, travail mal adapté...On efface tout et on recommence, ce serait alors le moment ou jamais…

Les mièvreries les plus folles s’échappent alors régulièrement de la bouche de certaines personnes, que l’on qualifie d’office de « courageuses », « volontaires », ou pire, « trop fortes, nous, on ne pourrait pas, quelle classe ! ». Dans la liste des fourbes-bonnes-résolutions, nous avons donc :
-Cette année, je me mets à la gym, c’est décidé, je me prends en main. (Tout est planifié : tenue, abonnement au Maigri-club du coin, ainsi que l’éventuelle amie boulotte bien sympa qui se dévoue pour travailler ses fessiers en duo). Dans la majorité des cas, il y a abandon au bout de deux mois, excuses bidon pour ne pas s’y rendre, temps qui manque, ou encore « pff, je n’en n’avais pas vraiment besoin, je suis bien comme je suis, en fait ».
- Cette année, je cesse d’acheter tout en quantité astronomique, je mise sur la qualité. (Tout est pensé : on évitera les H&M et autres méandres de la mode abondante, on ciblera beaucoup plus ce que l’on veut vraiment, on cessera d’acheter tout en double, on misera sur les valeurs sûres, et on se fixera un budget bien établi). Dans la majorité des cas, on continue finalement à acheter futile plus qu’utile, on entasse les tenues improbables mais trop jolies, on accumule les fringues qui n’ont pas encore trouvé « ce qu’il faut pour aller avec, mais ça viendra ».
-Cette année, j’arrête de dépenser sans réfléchir, je fais mes comptes. (Tout est prévu : on investit dans une calculatrice ou on fait l’acquisition d’une copine un peu radine qui vous remettra sur les rails en cas de compulsion-achète-pour toi-maintenant, on décide qu’on n’ira plus dans les cafés ou qu’on ne jettera plus des pièces dans les fontaines). Dans la majorité des cas, on finit par pousser la copine radine dans la fontaine, à se ruer sur le premier thé à cinq euros au bar du coin, à gratter six Numéro Fétiche et à filer dix euro au facteur pour son foutu calendrier, « ça m’a fait du bien de me lâcher un peu, la vie serait triste sans ces petites choses ».
- Cette année, j’irai voir tonton Jules et mamie Henriette plus souvent. (Tout est envisagé : Pâques, Saint-Jean, Toussaint et week-ends prolongés, visites surprises pour voir leur visage émerveillé, cadeaux à gogo, bisous partout). Dans la majorité des cas, on se lasse dès Février, on est traumatisé par toutes ces histoires de personnes qui sont mortes, qui sont malades, qui ont acheté de nouvelles fenêtres, qui ont planté les haricots plus tôt, « l’essentiel, c’est qu’ils sachent qu’on les porte dans notre cœur, et qu’on leur téléphone souvent. »



Alors inutile de se mentir, les bonnes résolutions sont éphémères, prenons donc directement les mauvaises : on continuera à fumer tant que le déclic ne naîtra pas en nous, on continuera à engloutir de bonnes choses un peu grasses mais qu’on adore ( pour les cinq fruits et légumes frais, on a la courge du rez-de-chaussée, l’asperge qui nous sert de copine ou la fraise de tonton Jules) , on persistera dans les achats inutiles qui font du bien (bientôt la mode des grosses manches gigot, bientôt…) , on continuera à dépenser sans compter (dans la mesure où les gosses éventuels sont nourris, tout de même, et où l’électricité fonctionne), on persistera dans le boycott ponctuel des réunions de familles épuisantes, on ne cessera pas d’être nous-mêmes en l’honneur d’une année , somme toute, comme une autre...


 
   
Publié par Delphine, le 11 décembre 2008, 16:47 ( Contacter)

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