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Vous rêvez et frémissez en regardant Audrey Hepburn dans « Petit Déjeuner chez Tiffany’s » ou devant les clichés de Jackie Kennedy ? Vous aimez cette forme d’élégance insaisissable qui ne découle ni de la mode, ni des dernières tendances, ni d’une accumulation de marques mais d’une allure, d’un sourire, d’une dignité, d’un maintien, d’un certain détachement ?
Ouvrez le livre de photos de Georges Dambier « Regards de Mode » et savourez.
Ses photos sont un hommage à l’élégance, au raffinement ; les femmes ont des hanches, parfois des petites rides mais elles dégagent ce « je ne sais quoi » qui fait toute la différence. On y retrouve cet univers si particulier, cette grâce fascinante apparue dans les années 50.
Les mannequins, les modèles d’alors s’appelaient Capucine ou Bettina – elles sont racées, gracieuses et fraîches. Elles se promènent dans un Paris perdu, roulent dans des décapotables, embrassent les naseaux des chevaux, dansent avec les policiers, parlent à leur miroir. Georges Dambier fut l’un des premiers photographes à faire sortir ses mannequins des studios, à les faire poser en plein air, à imaginer des mises en scènes. Chaque photo raconte une délicieuse petite histoire, chaque photo pourrait inspirer une nouvelle :
Susie Parker devant le café « Thé Lait Chocolat » - elle fouille dans son sac, un vieux monsieur bigleux la regarde fasciné, tandis qu’une dame en vieux godillot a visiblement d’autres chats à fouetter,
Bettina traverse la rue d’un pas décidé sous le regard d’un homme perché sur une échelle, distrait dans son travail, son équilibre semble tout à coup précaire,
Capucine, attablée dans un café des grands boulevards, attend : pensive, anxieuse, amoureuse, désabusée ? On aimerait à chaque fois connaître la suite.
Les vêtements tombent parfaitement, ils sont coupés par des orfèvres, ils magnifient des femmes pourtant déjà effrontément belles – les tailleurs et les manteaux sont cintrés, les femmes portent des gants et des petits chapeaux insolents comme celui de Fiona Campbell dans le ELLE du 31 août, 1953.
Dans les prises de vue de George Dambier, il y a la photo de mode, des femmes, des vêtements insurpassables de classe et il y a la vie. Robert Doisneau y rencontre souvent Irving Penn.
Georges Dambier est bien plus qu’un photographe de mode. Il a photographié les plus grands, collaboré aux magazines les plus prestigieux, fondé VSD et puis il est parti dans sa maison de rêve, dans le Périgord où une fois encore il a créé un univers enchanteur. C’est dans son « Chauffourg » que j‘ai eu l’immense chance de le rencontrer. C’est donc avec une grande émotion et une grande sincérité que je vous parle de
ce livre qui lui est consacré : bien plus qu’un livre de photos de mode, c’est une fenêtre sur un certain art de vivre, une certaine élégance.
« Regards de Mode » par Georges Dambier- editions Ramsay.













