Nous sommes au XXIème siècle et si on y regarde de plus près, les femmes sont des prisonnières tout fraichement libérées du joug masculin, du moins en France. Vous vous rendez compte qu’il aura fallu une guerre mondiale pour s’apercevoir que les femmes avaient un QI assez élevé pour faire autre chose que la lessive ?
Le constat est terrible et sans appel : je suis contaminée par la fièvre communautaire féminine, la révolte sourde et fière des femmes modernes, conscientes de leur douloureuse histoire.
L’histoire se répète. En tout cas en ce qui me concerne. A chaque fois, c’est la même chose. Quand je pense à la condition des femmes ne serait-ce que le siècle dernier en France, le féminisme latent qui est en moi ressurgit et prend le contrôle de mes mots. Le regard de mon fiancé, penché sur la vaisselle du diner (bah oui pourquoi serait-ce à moi de la faire ??? N’avons-nous pas été asservi assez longtemps à la cuisine ?) , prend progressivement une lueur inquiète…il détourne le regard, soucieux de ne pas me provoquer. C’est vrai qu’il ne faut pas me chercher sur ce sujet….
Petit récapitulatif historique en vrac :
- 1928 : loi instituant les congés maternité
-1941 : le divorce est interdit pendant les trois premières années suivant le mariage ; ensuite, aussi, sauf en cas de sévices graves et répétés ;
- 1942 : l’avortement est considéré comme un crime contre l’état et passible e la peine de mort.
-1965 : reforme du régime matrimonial de 1804, la femme peut gérer ses biens, ouvrir un compte en banque, exercer une profession sans l’autorisation de son mari.
- 1975 : La loi Veil autorise l’IVG pour une période probatoire de cinq ans et sous certaines conditions.
-1990 : Arrêt de la cour de cassation condamnant le viol entre époux.
-1992 : lois réprimant les violences conjugales et loi sanctionnant le harcèlement sexuel au travail.
Edifiant, non ?
« Dans les pays occidentaux, depuis environ les années 1970, la liberté sexuelle de la femme est reconnue » (Wikipedia).. Ce n’était pas trop tôt. Et ca signifie que les hommes auront mis 20 siècles à comprendre qu’ils ne sont pas tout seul dans un lit. Des siècles de viol sous tutelle de devoir, de soumission envers un être qui n’est rien de plus que notre égal mais qu’on nous a appris à considérer avec reconnaissance et respect. Toute une éducation, toute une société de mèche pour nous asservir. N’est ce pas malheureux de savoir que l’amour, le plaisir et la liberté sont des droits chèrement acquis, arrachés de force à des siècles de monopole patriarcal ? Et encore ce n’est pas gagné tous les jours…
Nous sommes en 2008 et il suffit de marcher dans la rue en été pour constater que les hommes ont conservé cet instinct primitif de prédateur, de l’époque où ils avaient fait de nous de simples proies. Je suis un morceau de viande, un objet de fantasme et de désir, je ne suis pas une personne à part entière visiblement. Quant à mon fiancé, il a beau me la jouer moderne et tolérant (« c’est vrai qu’au fond y’a pas de raison que je sois le seul à bosser dans cette maison…. » Mouaih…), un coup dans le nez suffît à le transformer en homme de Neandertal. Un peu plus et il me trainerait par les cheveux jusqu’à notre caverne…
Je passe sur les idées reçues selon laquelle une femme qui se fait plaisir avec des hommes est une salope et qu’un homme qui multiplie les conquêtes est un Don Juan… et autres conneries du même genre qui démontrent à quel point il aura fallu nous rabaisser pour qu’ils aient un minimum de confiance en eux.
Et je ne préfère même pas aborder le sujet de la condition des femmes hors frontières françaises (Traversons juste les Pyrénées : en Espagne, dans l’enquête publiée en mars 2001, 640 000 femmes s’avouent victimes de mauvais traitements, et près de 2 millions d’entre elles le sont (soit plus d’une femme sur dix). 21 % des hommes (et près de 9 % des femmes) interrogés estiment que les victimes de violences domestiques « aiment être maltraitées, ou bien sont idiotes, ou bien obtiennent quelque chose en échange », sinon elles quitteraient le domicile conjugal ou se sépareraient de leur conjoint), sinon je ne réponds plus de rien, je vous préviens. Je peux carrément être virulente !!!! ( A cet instant, mon fiancé lance la machine et quitte la pièce sur la pointe des pieds… il lui reste à laver par terre.)
Certaines mauvaises langues, tel que ma mère, qui me connaît si bien, prétendront, que cette philosophie revancharde n’est rien d’autre qu’une excuse pour justifier ma flemmardise.
Moi je dis que si c’est le cas, ca ressemble à une sorte de justice.
Et puis, entre nous, c’est super chiant le ménage… non ?
Girl Power.








